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Doit-on et peut-on se passer des pesticides ?

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  Pesticides, ou produits phytosanitaires, sont à l'origine de nombreux questionnements et font rugir l'actualité. 

  Plusieurs raisons à cela, puisque ces produits utilisés en agriculture font l'objet de controverse, parfois appelés produits phytosanitaires, parfois poisons, tout comme les agriculteurs, qui sont jugés soit victimes soit responsables. 

    Qu'en est-il vraiment ? 

Tout d'abord, il existe trois types de pesticides : 

  • les fongicides, qui enlèvent les champignons mais contaminent l'eau, il s'agit du chlorothalonil
  • les insecticides, qui exterminent les ravageurs mais tuent les abeilles, nommé néonicotinoïde
  • les herbicides, qui détruisent les mauvaises herbes mais diminue la fertilité du sol, connu sous le nom de glyphosate

 

  En quelques chiffres, la Suisse consomme 4,9 kilogrammes de pesticides par hectare, la France 4,5kg/h et l'Allemagne 3,8kg/h. De plus, par rapport à 1992, on observe en 2014 qu'il y a 48 fois plus d'abeilles tuées par les insecticides. Ce qui appelle à une reflexion quand on sait le rôle qu'elles ont dans notre environnement. 

  Nous n'avons cité que les conséquences sur l'environnement et la faune, mais les produits phytosanitaires engendrent de nombreuses maladies, notamment des cancers.. 

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  Des études sont réalisées depuis plus de 20 ans pour mettre en lumière le lien de causalité entre pesticides et cancers chez l'adulte mais aussi chez l'enfant. Certes, ce n'est pas un impact direct et rapide comme le serait une balle de révolver, mais ces produits rendent malades voire tuent. 

  Les cancers chez l'adulte plus répandus dans les zones utilisant les pesticides que dans les autres zones sont les suivants : 

 

  • +44% de cancers des lèvres (H)
  • +3% de cancers de la prostate (H)
  • +49% de lymphômes plastocytaires (H)
  • +29% de mélanomes cutanés (F)
  • +58% de lymphômes plastocytaires (F)

 

 Mais les cancers pédiatriques en zones viticoles sont avérés, il s'agit principalement de cancers du sang et du cerveau. 

  En France, ces liens de causes à effets sont prouvées, d'ailleurs il y a une reconnaissance de maladie professionnelle avec un tableau descriptif précis, tant il y a de personnes victimes des pesticides au fil du temps dû à leur quotidien au contact de ces produits. 

  Hormis les cancers, de nombreux soucis de santé sont remarqués dans les zones affectées, par exemple, des problèmes respiratoires, occulaires, ou encore des lésions cutanées, tout cela pouvant aller de la simple gène à une gravité irréversible. 

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  Mais s'il apparait évident que ces produits sont nocifs pour tous ainsi que pour l'environnement, pourquoi sont-ils encore utlisés ? 

  D'une part, on ne peut changer les habitudes du jour au lendemain. Même si certains agriculteurs bio disent qu'il suffit de remplacer le glyphosate par des machines et davantage de main d'oeuvre, ce n'est pas à la portée de tous, car cela a un coût. De plus, les méthodes d'application de ces produits s'améliorent donc paraissent moins dévastatrices. Il est tout simplement compliqué de s'en passer, tant ils sont pratiques et surtout légaux. 

   Comment expliquer que des études prouvent les conséquences des produits phytosanitaires  sur la santé ainsi que sur l'environnement, et que rien ne soit mis en place pour y remédier ? 

 En réalité, il y a des études réalisées à la fois par des indépendants et par les fabriquants eux-mêmes. Il y a un fossé réglementaire puisqu'on préfère laisser le bénéfice du doute aux firmes productrices alors que les études indépendantes démontrent les dangers pour toutes les générations. Pourtant il n'y a qu'une seule science... 

  La cause serait donc aussi une politique à deux vitesses. L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a rapporté ses indications négatives quant à l'utilisation des pesticides, tout comme le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer). Cependant, l'agence de réglementation EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) qui décide de l'homologation ou du retrait des produits, est en décalage avec l'OMS et le CIRC et ne suit pas leurs indications. 

  Concernant les politiques, ils sont soumis aux agences de réglementation qu'ils ont eux-mêmes créées donc ils se dédouanent. L'idée serait de mettre en oeuvre des moyens financiers pour répandre l'utilisation de machines innovantes qui permettent une alternative visant à améliorer la qualité de vie de tous. 

  Concrêtement, en Suisse, le manque d'action mène à une eau potable contaminée par des substances chloro-cancérigènes, et la seule solution est de diluer l'eau avec le lac Léman ou de détourner les canaux, ce qui n'a pas empêcher la mutation du produit nocif. 

  On a déjà vu ce type de situation dans les années 70' avec l'industrie du tabac où les études étaient controversées, les producteurs disaient que la nicotine n'était pas addictive et rien n'a été fait à toutes les échelles. Retarder le savoir pour empêcher l'information? Préférer le déni à l'action? 

  L'urgence est là, quand on sait que des substances interdites depuis plus de 40 ans sont encore présentes dans les sols. Enfin, il est bon de savoir que les néonicotinoïdes (insecticides) se répandent jusque dans les ailes des oiseaux...

 

 

Source  

TV5 Monde reportages - Pesticides, à quand la fin du carnage ?

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